La 7e Conférence générale des Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal s'est ouverte ce samedi 18 avril au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Ce rendez-vous institutionnel majeur fixe la nouvelle feuille de route des représentants permanents et chefs de missions diplomatiques à travers le monde.
C'est le grand rassemblement de la famille diplomatique sénégalaise. Débutée ce samedi 18 avril, la Conférence générale des Ambassadeurs et Consuls généraux réunit l'ensemble des chefs de missions diplomatiques, des consuls et des représentants permanents du Sénégal. Durant ces assises, le corps diplomatique est appelé à évaluer l'action extérieure du pays et à s'approprier les nouvelles orientations stratégiques de la politique étrangère.
Placée sous le thème « La diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d'action », cette session marque un tournant important dans la gestion des relations internationales du pays.
Le cap de la « diplomatie de souveraineté »
Pour les représentants permanents et chefs de poste, le principal enseignement de cette conférence réside dans un changement de paradigme clair : le passage d'une diplomatie de présence à une diplomatie de souveraineté, de résultats et d'anticipation.
Cette rupture stratégique demande aux diplomates sénégalais d'affirmer l'indépendance des choix et des priorités du pays sur la scène internationale, tout en nouant des partenariats équilibrés et mutuellement bénéfiques.
Désormais, l'action du réseau diplomatique et consulaire devra s'aligner sur une nouvelle boussole économique : l'agenda national de transformation Sénégal 2050. Les représentants à l'étranger auront pour mission de promouvoir activement les secteurs prioritaires du développement national, à savoir :
- La souveraineté alimentaire ;
- L'industrialisation et les infrastructures ;
- Le numérique et la gouvernance transparente.
Refuser le « deux poids, deux mesures » dans le multilatéralisme
Dans un contexte international marqué par de fortes turbulences géopolitiques et des risques de fragmentation dans l'espace sous-régional, les représentants du Sénégal ont reçu des directives précises pour porter la voix du pays dans les instances multilatérales.
Le Sénégal réaffirme ses principes traditionnels de bon voisinage et d'intégration africaine, mais exhorte ses diplomates à plaider activement pour une réforme profonde de la gouvernance mondiale. Face à la recrudescence des conflits et au recours unilatéral à la force, les représentants permanents devront maintenir une position ferme contre toute approche sélective de la valeur de la vie humaine et contre le principe du « deux poids, deux mesures ».
Modernisation consulaire et efficacité territoriale
Le second volet des travaux de cette conférence concerne la gestion des Sénégalais de l'extérieur. La Diaspora étant désormais érigée en levier stratégique de co-développement, les chefs de missions consulaires sont appelés à renforcer la protection consulaire et à moderniser les mécanismes d'accompagnement de nos compatriotes.
Enfin, un accent particulier a été mis sur la performance et la cohérence de l'appareil diplomatique. Afin d'éviter toute dispersion des initiatives sectorielles, le Ministère de l'Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur est réaffirmé comme le chef de file unique de l'action extérieure de l'État.
À l'issue de ces journées d'échanges, les diplomates devront formaliser une feuille de route opérationnelle et pragmatique, visant à accroître l'efficacité et l'impact de la voix du Sénégal à l'international.