DÉBAT GÉNÉRAL DE LA 80ème SESSION DE L'ASSEMBLÉE DES NATIONS UNIES : DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU SÉNÉGAL

Madame la Présidente de l'Assemblée Générale,

Monsieur le Secrétaire Général,

Mesdames, Messieurs, Distingués délégués,

Au nom du Sénégal, je remercie votre prédécesseur et vous adresse tous nos vœux de succès à la présidence de cette 80ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Nous nous réunissons aujourd'hui, en ces lieux symboliques du dialogue universel, comme porteurs du poids de l'histoire et de l'urgence du présent.

Le thème de cette session, « Mieux ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits de l'Homme » nous rappelle, en effet, le pacte fondateur des Nations Unies ; un pacte de coexistence pacifique, de sécurité collective et d'un ordre international fondé sur le droit.

Nous vivons des moments de fortes turbulences, de défis inédits et d'incertitudes multiples : expansion du terrorisme, persistance de conflits anciens et nouveaux, dérèglement climatique, crise économique profonde, recul de la solidarité internationale et risque élevé de désintégration du multilatéralisme.

Dans ce contexte préoccupant, l'Afrique reste confrontée à des conflits armés, au terrorisme, en particulier au Sahel, à la criminalité transfrontalière et à l'instabilité politique.

La paix et la sécurité ont un prix. Donnons-nous les moyens de l'assumer par un financement prévisible et pérenne des opérations de soutien à la paix en Afrique, avec des équipements adéquats, et des mandats et règles d'engagement robustes.

Au Moyen Orient, le peuple palestinien continue de vivre la pire des calamités. Gaza ne vit plus. Gaza terre de larmes, de sang et de sueur, est devenue un enfer pour des millions d'âmes de tous âges. Le Sénégal réitère sa ferme condamnation de cette tragédie que rien ne saurait justifier. En sa qualité de Président du comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, le Sénégal considère que seule la création d'un État palestinien indépendant et viable apportera une paix durable.

Mesdames, Messieurs,

Il y a quatre-vingts ans, les pères fondateurs s'engageaient, à travers la création de l'ONU, à préserver les générations futures du fléau de la guerre. Dans ce monde en crise, les principes et les actes doivent rester les mêmes :
La paix plutôt que les conflits ;
la justice plutôt que l'indifférence ;
le partenariat plutôt que les rapports de force.

La survie du multilatéralisme exige qu'il retrouve ses principes fondamentaux : la responsabilité partagée et une solidarité active, le respect du droit international et une justice universelle.

L'ONU, par sa vocation universelle, doit agir en pionnière, des délibérations et des décisions plus démocratiques, plus légitimes et plus représentatives de ses États membres qui sont passés de 51 en 1945 à 193 aujourd'hui.

Je renouvelle le soutien du Sénégal au consensus d'Ezulwini pour une représentation juste et équitable de l'Afrique au Conseil de sécurité.

Le réchauffement climatique mérite aussi notre attention. Il n'est pas une menace mais une question existentielle, une réalité qui frappe plus durement ceux qui y contribuent le moins, comme l'Afrique avec moins de 4% des émissions mondiales. Sécheresses, inondations, érosion côtière et insécurité alimentaire rythment désormais la vie de nos populations.

Alors, faisons de ce 80ème anniversaire des Nations Unies non pas le constat d'un ordre épuisé, mais le point de départ d'un nouvel espoir : celui d'une Organisation rénovée et plus efficace au service des peuples. Le Sénégal reste fidèle à son engagement de travailler dans ce sens avec tous les membres de l'Organisation ; prêt à jeter les ponts, prêt à porter les réformes, prêt à poursuivre notre œuvre commune pour un monde de paix, de justice et de solidarité.

Je vous remercie de votre aimable attention.